Art et « Anarchitecture ». Les découpages verbaux et spatiaux réalisés par Gordon Matta-Clark (1943-1978)
10 мая 2021 года
17:37
Art et « Anarchitecture ». Les découpages verbaux et spatiaux réalisés par Gordon Matta-Clark (1943-1978)
Текст новости:
Title: Art et « Anarchitecture ». Les découpages verbaux et spatiaux réalisés par Gordon Matta-Clark (1943-1978)
Author, co-author: Minuto, Maria Elena
Abstract: « Au centre de Fedora, métropole de pierre grise, il y a un palais de métal avec une boule de verre dans chaque salle. Si l'on regarde dans ces boules, on y voit chaque fois une ville bleue qui est la maquette d'une autre Fedora. Ce sont les formes que la ville aurait pu prendre, si, pour une raison ou pour une autre, elle n'était devenue la ville telle qu'aujourd'hui nous la voyons ». Italo Calvino, Le città invisibili (Les Villes invisibles), 1972.


« Convert a building into a state of mind »
Gordon Matta-Clark, 1976


Fils du peintre surréaliste chilien Roberto Matta Echaurren et de l’artiste américaine Anne Clark, Gordon Matta-Clark (1943-1978) a étudié l'architecture à l'Université Cornell d'Ithaque de 1961 à 1966 et la littérature française à la Sorbonne à Paris pendant un an. Unique dans son histoire et dans son genre, son activité artistique a débuté dans les dernières années de l'université et s'est poursuivie jusqu'à sa mort prématurée en 1978. Analysé principalement pour ses interventions macrostructurales – les building cuts réalisés sur des bâtiments en état de délaissement et voués à la démolition – Matta-Clark a utilisé différentes formes d’expression dont la photographie, l'écriture, le dessin, la sculpture, le tournage de films et la performance en devenant l'une des figures majeures de l'art américain des années 1970. Inspiré par la Land Art et l’art performatif, ses actions s’inscrivent dans le tissu urbain des villes et au cœur de la pensée « anarchitectonique » de la néo-avant-garde. Perceur des façades (Splitting, 1974), des murs (A W-Hole House, 1973), des plafonds (Office Baroque, 1977) et des mots (Ant-arco-tecture, 1974), Matta-Clark intervient dans les espaces urbains délaissés, met en crise la notion de propriété privée et dénonce l'aliénation de la société du capitalisme avancé en réinventant l’idée d’art publique, de sculpture environnementale et d’art participatif.
En fait, si d'un point de vue matériel nous assistons à la déconstruction de certains éléments structurels tels que les cloisons, les toits et les sols des bâtiments (Bronx Floors, 1973), d'un point de vue théorique nous participons à la naissance de nouveaux paradigmes idéologiques à travers lesquels réinterpréter de manière critique et créative la relation entre l'individu, l’espace et la réalité sociale. À cet égard, l'artiste écrivait :
« First, the choice of dealing with either the urban environment in general, and building structures specifically, alters my whole realm of reference and shifts it away from the grand theme of vast natural emptiness which, for the Land Art, was literally like drawing on a blank canvas. But more important, I have chosen not isolation from the social conditions, but to deal directly with social conditions whether by physical implication, as in most of my building works, or through more direct community involvement, which I show I want to see the work develop in the future. I think that differences in context is my primary concern and major separation Land Art. In fact, it is the attention paid to specific occupied areas of the community. Anyone who changes a spatial experience within a museum or gallery context, in a way, still is part of that structure. And when you choose to work on abandoned and wasted sites, you make yourself part of a real estate, economic structure rather than part of the art structure. Don’t you think? » (GMC, 1976).
À partir de la mise en exergue du contexte international de l’art des années 1960 et 1970 (Op losse schroeven – Stedelijk Museum, 1969 ; Earth Art – Cornell University, 1969 ; 557,087 – Seattle Art Museum, 1969), jusqu’à l’analyse d’une série des découpes architecturales réalises par Matta-Clark à New York, Paris et Anvers, la leçon mettra en lumière la richesse et la complexité d’une production artistique profondément engagée et subversive qui, marqué par le situationnisme et contre le discours universalisant du modernisme, a donné corps à des mondes révolutionnaires suspendus au milieu de l'air et de la terre, de la création et de la destruction, de la réalité et de l'imagination.

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Title :
Art et « Anarchitecture ». Les découpages verbaux et spatiaux réalisés par Gordon Matta-Clark (1943-1978)
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[fr] « Au centre de Fedora, métropole de pierre grise, il y a un palais de métal avec une boule de verre dans chaque salle. Si l'on regarde dans ces boules, on y voit chaque fois une ville bleue qui est la maquette d'une autre Fedora. Ce sont les formes que la ville aurait pu prendre, si, pour une raison ou pour une autre, elle n'était devenue la ville telle qu'aujourd'hui nous la voyons ». Italo Calvino, Le città invisibili (Les Villes invisibles), 1972.
« Convert a building into a state of mind »
Gordon Matta-Clark, 1976
Fils du peintre surréaliste chilien Roberto Matta Echaurren et de l’artiste américaine Anne Clark, Gordon Matta-Clark (1943-1978) a étudié l'architecture à l'Université Cornell d'Ithaque de 1961 à 1966 et la littérature française à la Sorbonne à Paris pendant un an. Unique dans son histoire et dans son genre, son activité artistique a débuté dans les dernières années de l'université et s'est poursuivie jusqu'à sa mort prématurée en 1978. Analysé principalement pour ses interventions macrostructurales – les building cuts réalisés sur des bâtiments en état de délaissement et voués à la démolition – Matta-Clark a utilisé différentes formes d’expression dont la photographie, l'écriture, le dessin, la sculpture, le tournage de films et la performance en devenant l'une des figures majeures de l'art américain des années 1970. Inspiré par la Land Art et l’art performatif, ses actions s’inscrivent dans le tissu urbain des villes et au cœur de la pensée « anarchitectonique » de la néo-avant-garde. Perceur des façades (Splitting, 1974), des murs (A W-Hole House, 1973), des plafonds (Office Baroque, 1977) et des mots (Ant-arco-tecture, 1974), Matta-Clark intervient dans les espaces urbains délaissés, met en crise la notion de propriété privée et dénonce l'aliénation de la société du capitalisme avancé en réinventant l’idée d’art publique, de sculpture environnementale et d’art participatif.
En fait, si d'un point de vue matériel nous assistons à la déconstruction de certains éléments structurels tels que les cloisons, les toits et les sols des bâtiments (Bronx Floors, 1973), d'un point de vue théorique nous participons à la naissance de nouveaux paradigmes idéologiques à travers lesquels réinterpréter de manière critique et créative la relation entre l'individu, l’espace et la réalité sociale. À cet égard, l'artiste écrivait :
« First, the choice of dealing with either the urban environment in general, and building structures specifically, alters my whole realm of reference and shifts it away from the grand theme of vast natural emptiness which, for the Land Art, was literally like drawing on a blank canvas. But more important, I have chosen not isolation from the social conditions, but to deal directly with social conditions whether by physical implication, as in most of my building works, or through more direct community involvement, which I show I want to see the work develop in the future. I think that differences in context is my primary concern and major separation Land Art. In fact, it is the attention paid to specific occupied areas of the community. Anyone who changes a spatial experience within a museum or gallery context, in a way, still is part of that structure. And when you choose to work on abandoned and wasted sites, you make yourself part of a real estate, economic structure rather than part of the art structure. Don’t you think? » (GMC, 1976).
À partir de la mise en exergue du contexte international de l’art des années 1960 et 1970 (Op losse schroeven – Stedelijk Museum, 1969 ; Earth Art – Cornell University, 1969 ; 557,087 – Seattle Art Museum, 1969), jusqu’à l’analyse d’une série des découpes architecturales réalises par Matta-Clark à New York, Paris et Anvers, la leçon mettra en lumière la richesse et la complexité d’une production artistique profondément engagée et subversive qui, marqué par le situationnisme et contre le discours universalisant du modernisme, a donné corps à des mondes révolutionnaires suspendus au milieu de l'air et de la terre, de la création et de la destruction, de la réalité et de l'imagination.
Target :
Автоматическая система мониторинга и отбора информации
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